Qui parle swahili dans vos églises ?
On pense souvent que les Congolais de Belgique et de France parlent tous lingala. C'est vrai pour beaucoup de Kinois, mais les personnes venues du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l'Ituri ou du Katanga parlent surtout swahili. Goma, Bukavu, Uvira et Lubumbashi sont des villes swahiliphones, et nombre de réfugiés de l'est du Congo arrivés ces dernières années prient d'abord dans cette langue.
S'y ajoutent les Burundais, très présents en Belgique et pour qui le swahili est souvent la deuxième langue après le kirundi, des Rwandais, des Tanzaniens, des Kényans et des Ougandais. Dans les assemblées de réveil et les églises pentecôtistes de Bruxelles, Liège, Paris ou Lyon, ces croyants côtoient des francophones de Kinshasa, de Brazzaville et d'Abidjan.
Pourquoi le swahili, quand ils comprennent le français ?
Beaucoup de Congolais de l'Est ont été scolarisés en français et le comprennent bien. Mais ce n'est pas le cas de tous, surtout chez les personnes âgées, les mamans qui ont peu fréquenté l'école ou les nouveaux arrivants passés par des années de camp. Et même pour ceux qui parlent français, une prédication dans la langue de la prière touche autrement. Le swahili, c'est souvent la langue des chants de la chorale et de l'intercession du soir.
Ce qui est disponible, et ce qui ne l'est pas
Le swahili fait partie des 79 langues de ChurchTranslate. La traduction est en swahili standard, celui de la Bible et des médias d'Afrique de l'Est. Un fidèle de Bukavu remarquera que le swahili congolais a ses propres mots et tournures, mais le sens passe.
Mise en place dans une église de la diaspora
- 01Régler la langue de l'orateur
Le plus souvent le français. Si votre pasteur prêche en lingala, la traduction n'est pas possible, car le lingala ne fait pas partie des langues proposées.
- 02Activer le swahili
Ajoutez-le aux langues proposées, avec l'anglais si vous accueillez aussi des Kényans, des Ougandais ou des Nigérians.
- 03L'annoncer au micro
Une phrase en swahili pendant les annonces suffit souvent : « Kwa tafsiri ya Kiswahili, tumia simu yako na msimbo wa QR. »
Les longs cultes
Les cultes de la diaspora africaine durent souvent deux à trois heures, avec de longues plages de louange. La traduction de chants n'apporte pas grand-chose, et beaucoup d'églises ne diffusent que la prédication, les témoignages et les annonces. Un culte dont 90 minutes sont traduites en swahili consomme 90 crédits ; quatre dimanches font 360 crédits, ce qui tient dans la formule Lite (65 € par mois, 480 crédits). Si vous traduisez aussi en anglais, la formule Duo est plus adaptée. Exemples dans le guide sur les coûts.
La qualité, honnêtement
Le swahili dispose de moins de ressources numériques que le français ou l'anglais. La traduction suit bien le fil d'une prédication claire, mais les noms bibliques, les expressions imagées et les prédicateurs qui parlent très vite ou passent du français au lingala en pleine phrase la mettent à l'épreuve. Faites un essai avec deux ou trois fidèles swahiliphones et demandez-leur franchement ce qu'ils en pensent.